Bretagne Vivante - Section Rade de Brest

Quelques exemples de traitements ou de gestion

Quelques exemples de traitements ou de gestion
pour des pistes de réflexion.

(Source : les actes du 30e congrès de France nature environnement)

* la ville de Calais (80000 habitants) procède à une valorisation maximale des déchets ménagers et utilise la bio-méthanisation des déchets fermentescibles. Une collecte au porte à porte en 4 flux (verres, ordures ménagères, corps creux, fermentescibles) est organisée.

* à Amiens, Valorga, usine de méthanisation traite actuellement près de 85000 tonnes de déchets par an.

Les bio-déchets

Selon l’Ademe, ils représentent 10 à 25% de la quantité des ordures ménagères. Leur traitement représente de l’évitement par rapport au traitement aval que ce soit l’incinération ou l’enfouissement

Les bio-déchets sont les déchets biodégradables des ménages, des industries agroalimentaires, des professionnels des espaces verts publics ou privés, d’horticulteurs, cantines, restaurants. Il existe deux procédés de traitement biologique, le compostage et la méthanisation (cf. Calais), le compostage peut être collectif ou individuel.

* à Saint Jean de Braye dans la banlieue orléanaise, un site de compostage individuel est mis gratuitement à la disposition des volontaires, un broyeur est également proposé. 760 composteurs ont été remis aux habitants à l’issu de réunions publiques, soit 20% des logements de la commune avec jardins.

* à Rennes : depuis 1993/94 sur Rennes Métropole, il y a environ 6500 composteurs qui ont été vendus (environ 24 euros pièce), soit 10% de la population vivant en habitat pavillonnaire.

L’accompagnement technique est nécessaire, de même qu’il y a des "ambassadeurs du tri" il doit y avoir des "ambassadeurs du compostage" car pour aller vers 50% de personnes pratiquant le compostage il faudra un gros effort de persuasion.

* Parmi les régions les plus dynamiques, on trouve la Franche-Comté, la Lorraine et l’Alsace qui ont pris des mesures efficaces.

Le prix du traitement de la partie fermentescible de nos poubelles par le compost est égal sinon moins cher que la mise en décharge dans un C.E.T. conforme ou l’incinération dans un U.I.O.M. aux normes. C’est un argument de poids à faire valoir auprès des élus. La qualité du compost, exigence nécessaire, pour en faire un produit facilement commercialisé pourrait être obtenue avec les contrats QUALORG (programme européen pour la qualité de la valorisation organique des déchets)

En 1998, la commune de Havelange (4600 habitants) en Belgique a voulu traiter le problème des déchets à la source en retenant 2 grands axes :

• La prévention ou "comment acheter moins de déchets ?"

• Le compostage à domicile et en mobilisant les bénévoles pour élaborer un plan pour/par les Havelangeois.

Plusieurs groupes de travail se sont constitués :

• un groupe "écoles" pour sensibiliser les enfants
• un groupe " sensibilisation des adultes"
• un groupe " commerçants "
• un groupe " guides des composteurs "

Un partenariat avec les associations a été noué avec l’appui d’un éco-conseiller et d’un animateur d’association.

C’est un bel exemple de concrétisation de notions développées dans l’Agenda 21 (participation du citoyen, éducation à la consommation durable), le tout a permis de passer de 280 kg/hab/an d’ordures ménagères à 140kg/hab/an

L’éco-consommation est ainsi un mode de consommation responsable et moderne.

Chacun a un rôle à jouer et les petites économies de bouts de chandelle s’avèrent finalement profitables à tous, le pouvoir est au fond du caddy en achetant malin.

Francis Chalot, maire de Janville sur Juine dans l’Essonne, est persuadé de la pertinence de l’échelon local et pour lui, des actions concrètes peuvent trouver leur place dans une dynamique locale dont les élus pourraient être les incitateurs.

"Il existe un gisement de "déchets municipaux " jusqu’à 20% du tonnage collecté, comparé aux ordures ménagères et paradoxalement il y a peu d’initiatives pour les gérer correctement.

En choisissant des produits durables (ex : réfrigérateurs à basse tension, ampoules fluocompactes consommant moins d’électricité), en optimisant l’utilisation des fournitures en séparant davantage ce qui peut être réutilisé ou recyclé (comme le fait le Conseil Général du Nord).

De plus on pourrait économiser 10 à 30% en eau et électricité dans certaines administrations, une action en direction des grandes surfaces pourrait également être menée (meilleur tri, prévention des déchets... ). Eco-conception, consommation raisonnée, échange et réutilisation... la prévention des déchets est à l’image du développement soutenable, à l’épicentre de l’écologie, de l’économie et du social, quoi de plus enthousiasmant pour les élus ?"

Le pôle agro-biologique de Daoulas a été construit selon les normes H-Q-E. (haute qualité environnementale) ce qui règle le problème du béton armé, du polystyrène, de la laine de verre, tous produits toxiques.
Jacques Pélissard (maire de Lons le Saunier) "je suis pour une double approche quantitative (ex. Havetange) et qualitative, car meilleur est le tri plus basse est 1a facturation. La problématique incitation au tri et incitation à la qualité du tri est essentielle. Pour ce faire, il y a toute la panoplie des actions de communication.
 Dans le Jura, des contrats dits "Eco-citoyens" sont passés avec des communes ou des immeubles collectifs pour qu’ils s’engagent à des tris de qualité. Si le tri vérifié s’avère de meilleure qualité que la moyenne départementale, le syndicat départemental de traitement des déchets ménagers restitue une somme qui vient en atténuation au prix facturé à la commune ou à l’immeuble. 10% des communes ont signé un contrat.
 Je considère que la défense de l’environnement et la gestion des déchets, c’est une approche globale. Quand on a une bonne eau bien gérée (Lons est en régie directe) et donc une bonne eau au robinet, i1 y a moins de bouteilles minérales dans les poubelles (et aussi moins de camions sur les routes), aussi nous avons mené une action en matière de pollutions agricoles sur les pratiques culturales dans la zone de protection des puits de captage. Nous avons inauguré également une installation d’agriculteurs qui vendent directement leur production (avec bien sûr une qualité et une traçabilité), on n’a pas de produits sous vide, on n’a pas d’emballage. Ces deux exemples influent automatiquement sur la quantité de déchets.
 Par ailleurs notre cantine scolaire est en régie directe, nous livrons sans emballage et nous travaillons sur la matière fraîche et la viande fraîche sans congélation."
Autre exemple (la lettre déchets de la FNE de janvier 2004), le département du Haut-Rhin a adopté un plan départemental déchets qui donne de bons résultats. Pour ce qui est des ordures ménagères résiduelles (OMR) (ce qui reste dans les poubelles après extraction de la part valorisable), elles représentent respectivement 398 et 323 kg/hab/an (moyenne nationale et Haut-Rhin). Ces chiffres sont encourageants mais les résultats obtenus dans la région voisine du Land de Bade-Wurtemberg nous amène à jeter un regard critique sur les résultats.

1992

1998

Prévisions 2005

Haut-Rhin

306

323

252

Bade-Wurtemberg

202

136

100

Comparons ces 2 plans déchets pour les ordures résiduelles

Comment s’expliquent ces différences ?

• Dans le Bade-Wurtemberg, le plan constitue une démarche prescriptive qui fixe des objectifs de valorisation des flux de déchets plutôt que d’en suivre l’évolution tendancielle. Les actions font l’objet d’un suivi et d’une évaluation régulière.

• Dans le Haut-Rhin, les prévisions sont faites avec des marges d’incertitudes élevées et les besoins en capacité d’incinération sont la plupart du temps surestimées.

• Dans le Bade-Wurtemberg, la collecte des fermentescibles est bien implantée et permet à elle seule de réduire le poids de la poubelle de 25 à 30%.

• Si en France Eco-emballages redistribue 4,5 euros/hab/an pour le soutien au tri et à la valorisation, le pendant allemand d’Eco-emballages, le Dual System Deutschland (DSD) redistribue 22 euros/hab/an, c’est-à-dire près de 5 fois plus.

Le DSD utilise les mêmes critères qu’Eco-emballages pour moduler le montant que les industriels paient pour les emballages. Ce qui diffère, ce sont les barèmes de base qui sont trois à huit fois plus élevés.

Vendre un produit sur-emballé renchérit son prix, la fonction de levier pour réduire les déchets à la source est d’autant plus importante. D’autre part, dans les grandes surfaces allemandes, l’acheteur a la possibilité de se débarrasser des emballages sur place. Le vendeur évite donc les produits sur-emballés car il devra par la suite payer lui-même le transfert des emballages.

En Allemagne, la redevance est pour l’essentiel fonction du volume ou du poids de la poubelle ce qui responsabilise les usagers.


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