Bretagne Vivante - Section Rade de Brest

Nitrates : la France encore une fois condamnée

Communiqué de presse de la Coordination algues vertes et bleues

Condamnation de la France : les masques tombent

Qu’ont-ils fait de notre République tous ces élus qui la dirigent depuis des dizaines d’années ? La voilà condamnée par la Cour européenne de Justice pour "n’avoir pas pris les mesures nécessaires afin de respecter les obligations qui lui incombent". Double peine pour nous citoyennes et citoyens français. Nous devons supporter aujourd’hui moralement cette condamnation, et vraisemblablement demain financièrement. Nous subirons toujours les dommages en Bretagne que sont l’eutrophisation des eaux et des concentrations excessives de nitrates. Cyanobactéries dans le Gouessant, marées vertes massives à Douarnenez, eaux de mer de mauvaise qualité dans le Golfe du Morbihan en sont les exemples d’aujourd’hui.

Oui, cette condamnation est fondée. Mais pourquoi faut-il que nous, simples citoyens, nous en soyons toujours les victimes ? Pourquoi les responsables clairement identifiés de ce système d’agriculture intensive hors-sol ont-ils portes grandes ouvertes dans les préfectures et au gouvernement ? Pourquoi cette injustice que révèle la Cour européenne de Justice ? Et si finalement les gouvernements français successifs et les exécutifs départementaux et régionaux bretons avaient si peu d’égards pour leurs concitoyens qu’ils préféreraient leur faire subir cette injustice plutôt que d’avoir le courage de prendre les mesures qui s’imposent ?

En fait, tout d’un coup les masquent tombent. Les juges européens nous disent implicitement que les plans algues vertes ou de reconquête de la qualité de l’eau sont tous voués à l’échec, malgré les beaux discours et les grandes cérémonies.

Ceux qui nous commandent l’austérité font les généreux à coup de millions d’euros avec les pollueurs pour qu’ils continuent à polluer. Alors souhaitons que la Cour européenne de Justice aille plus loin et oblige ces si mauvais gouvernants à prendre leurs responsabilités en imposant des amendes sévères insupportables pour les contribuables français. Quant à CVB, elle continuera à exercer son action : manifestations et requêtes en justice contre ces exécutifs coupables.

Nitrates, Pesticides. On arrête quand ?

vendredi 14 juin 2013, par Gérard Borvon

Deux alertes récentes ne peuvent nous laisser indifférentes et indifférents. La France est à nouveau condamnée par la commission européenne pour non application de la directive nitrates. Par ailleurs un rapport d’instituts de santé publique signale les dangers de la contamination par les pesticides dans le voisinage des champs où ils sont utilisés.

D’abord les pesticides.

Une étude publiée par l’Institut national de la santé et de la recherche médicale, l’Université de Rennes 1, l’Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique, et l’Inra de Toulouse, signale la présence de pesticides dans l’organisme des 83 femmes enceintes testées en Bretagne (voir). Leur concentration est particulièrement forte chez les femmes habitant les communes où l’usage des pesticides est particulièrement important (cultures de céréales). Les chercheurs alertent sur le fait qu’une exposition à ces mélanges complexes de pesticides pourrait conduire à des perturbations métaboliques chez les femmes enceintes ou sur l’enfant à naître.

Déjà une étude précédente réalisée par l’Inserm entre 2002 et 2006, avait suivi 3 400 femmes résidant en Ille-et-Vilaine, Côtes-d’Armor et Finistère (voir). Deux pesticides potentiellement toxiques pour la reproduction et le développement neuropsychologique avaient été recherchés dans les urines de six cents femmes. Chez 95 % d’entre elles, on avait retrouvé des traces d’insecticide organophosphorés ; chez 30 à 40 %, des traces d’herbicides de la famille des triazines, utilisés dans la culture du maïs, interdits depuis 2003, mais toujours présents dans l’environnement et l’eau. Même à des niveaux faibles, la présence de ces triazines augmente les risques d’anomalie de croissance dans l’utérus, avec un faible poids de naissance, qui peut être un handicap pour le développement du bébé, et un périmètre crânien plus petit, ce qui a un effet négatif pour le système nerveux central.

De nombreux biologistes, dont Robert Bellé, chercheur à Roscoff, que nous avons déjà invité pour une conférence à Landerneau, ont montré l’effet des pesticides sur les cellules reproductrices (voir). En particulier ceux à base de glyphosate, tel le roundup, largement utilisé dans notre région et dont le taux augmente de façon alarmante dans l’eau. Alors la question se pose sérieusement : on arrête quand ?

Ensuite les nitrates.

Encore une fois la France est menacée de sanction par la commission européenne pour effort insuffisant (voir). Chacun devant assumer ses responsabilités, quel est notre bilan sur l’Elorn ? Actuellement le taux de nitrates y oscille autour de 35mg/l. Les signataires du SAGE Elorn se sont engagés à un retour à 21 mg/l en 2020, ce qui était le taux dans l’Elorn en 1980 ! Où sont les mesures propres à redescendre en 7 ans jusqu’au niveau de pollution qui existait il y a trente ans ? Quand aurons nous une eau de qualité au robinet et des plages sans algues vertes ?

S-eau-S, communiqué.


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