Bretagne Vivante - Section Rade de Brest

Le parc marin d’Iroise

29 juin 2007

Création du Parc marin d’Iroise !

Signature par le ministre de l’écologie, du développement et de l’aménagement durables du décret de création du parc naturel marin d’Iroise. Le parc naturel marin d’Iroise, premier du genre en France, va enfin voir le jour. L’annonce a été faite vendredi 29 juin par Jean-Louis Borloo, ministre de l’écologie, du développement et de l’aménagement durables.

Nelly Olin, alors ministre de l’écologie, avait signé le décret avant les élections présidentielles, mais il n’était pas paru au Journal officiel. Dans le Finistère, Christian Ménard, député UMP, n’a pas caché être intervenu pour freiner le projet avant la présidentielle. Il a écrit à François Fillon, dans l’espoir que le premier ministre ne contresigne pas le décret.

Ce projet de parc marin, qui aura pour objet de concilier préservation de l’environnement et activité économique, a été évoqué pour la première fois en 1989, lorsque qu’une partie de la mer d’Iroise a été labélisée "réserve de biosphère" par l’Unesco. Une mission a été créée en 1996 pour mettre en place la future structure administrative. Geneviève Rousseau, à sa tête depuis 2005, a conduit au port une tâche délicate, dans une région où la mer, bien que réglementée, est associée tenacement à l’idée de liberté.

Le parc, qui ne couvre que les zones immergées, s’étendra sur 3 550 km2 à l’ouest de la pointe de Bretagne et bordera 300 kilomètres de côtes finistériennes, de Porspoder au nord à Douarnenez au sud, à l’exception de la rade de Brest. Initialement, il devait englober au sud le cap Sizun. Cette zone a été retirée de la première enquête publique mais pourra intégrer le parc dans une période de deux ans, après une autre enquête. L’ex-députée UMP de la circonscription, Hélène Tanguy, n’était pas étrangère à ce retrait. La suite paraît plus ouverte après l’élection de la députée PS Annick Le Loch. Au nord, le parc pourrait aussi gagner la région des abers.

Riche en plancton, la mer d’Iroise est connue pour être le plus grand champ d’algues marines en Europe, avec plus de 300 espèces. Elle accueille plus de 120 espèces de poissons différentes. La lotte, le tourteau, le homard et la langouste y séjournent largement. Y réside aussi le quart de la population française de mammifères marins, avec des colonies de phoques et de dauphins. Trois îlots de l’archipel de Molène sont également classés réserves naturelles.

SOUTIEN DES COMITÉS DES PÊCHES L’opposition frontale au parc est venue de l’association de défense et de valorisation des îles et du littoral de la mer d’Iroise (Advili). Elle regroupe en particulier des pêcheurs plaisanciers. "Ce projet est une couche supplémentaire au mille-feuilles de l’administration dans le domaine de la mer. C’est un gâchis de temps et d’argent", estime son président, Bernard Le Bihan. Le parc a en revanche le soutien du comité régional des pêches et des quatre comités locaux. "On a estimé qu’on ne pouvait pas rester à l’écart. C’est un outil intéressant qui met sur le même plan la connaissance, la protection du patrimoine, la gestion et le développement durable", considère Jean-Pierre Carval, secrétaire du comité local des pêches du nord Finistère. Les collectivités ont souhaité être davantage associées, dans le prolongement des lois sur la décentralisation. L’enquête publique s’est achevée fin 2006, avec avis favorable des commissaires enquêteurs. Quarante et une des 47 collectivités sollicitées ont dit oui, dont l’île de Molène, mais pas celles d’Ouessant et de Sein. Ces îles, où la pression touristique est forte, ont été un enjeu du débat même si le parc ne concerne que les zones immergées. Sur Ouessant, certains l’ont assimilé "à un simple label, un rôle de vitrine dont on devrait se satisfaire en attendant de mourir à petit feu". A l’origine, le projet portait sur la création d’un parc national, cadre législatif datant de 1960 axé sur la protection, plus montagnard que marin, malgré l’existence de celui de Port-Cros, et cadrant mal avec la pérennité d’activités économiques sur place. La loi du 14 avril 2006, inspirée des débats à la pointe de Bretagne, a permis la création de ce type de parcs marins. La nouvelle agence nationale des aires marines protégées a donné, le 15 mars, un avis favorable à la poursuite de la procédure de création. Installée à Brest, cette agence proposera au gouvernement une stratégie de protection de l’espace maritime français et des mesures permettant d’honorer les engagements internationaux.

Deux autres projets pourraient être mis à l’étude prochainement : l’un sur la côte de Cerbère-Banyuls, l’autre sur le lagon de Mayotte. Le projet de parc marin d’Iroise a pour sa part coûté jusqu’ici 3,7 millions d’euros. Il devrait mobiliser une trentaine de personnes. Son siège pourrait être implanté au Conquet. Avec vue sur la mer d’Iroise.

Source : Le Monde du 2 juillet 2007


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