Bretagne Vivante - Section Rade de Brest

Entretien des bords de route, où en est-on ?

Copie de la lettre adressée au Président du Conseil Général du Finistère (sept 2011)

Monsieur le Président

Dans le contexte du projet ERVABOR* rappelé ci-après, le collectif des trois associations : Bretagne Vivante ; Eau et Rivières ; Groupement de Défense Sanitaire des Abeilles 29 ; n’ont cessé d’essayer d’attirer, depuis l’année 2005, votre attention sur la nécessité d’entretenir les 2000 kilomètres de voies départementales d’une manière raisonnable et valorisante.

A cet égard, nous avons fourni de manière permanente à vos services un très riche ensemble d’informations que nous avons obtenues en interrogeant :

  • au plan national, les sites web des départements, des régions et des différents organismes qui ont particulièrement œuvré pour cette cause de la "raisonnabilité" et de la valorisation pré-citées ;
  • au plan international, les sites web de différents pays qui se sont engagés dans la préservation, considérée comme une nécessité pour la biodiversité, des corridors verts (Canada, Etats Unis, Suisse, Afrique du Sud en particulier) (*).

Dans ce contexte, nous avons eu, le 18 juin 2008, une première réunion à Quimper avec les services techniques du département, à la suite de laquelle il avait été décidé que nous poursuivrions notre travail de coopération.

En réalité, il n’en a rien été. Ceci explique que face au traitement impitoyable qui continuait à être appliqué aux versants et bords des routes à l’automne 2010 et au printemps 2011 (cf. les courriels adressés à cette époque), nous sommes à nouveau intervenus auprès des services techniques départementaux. En conséquence, nous avons tenu ainsi une réunion à Brest le 6 avril. A la suite de cette réunion, il avait été décidé que deux secteurs, d’une part celui basé à Lannilis, d’autre part celui basé à Braspart, serviraient de tests pour définir la façon optimale de l’entretien des bords et versants des routes départementales. Nous avions également pensé qu’à la suite de cette réunion, en fonction de l’ensemble des informations que nous avions communiquées, certaines indications seraient transmises aux services techniques départementaux pour commencer à se conformer aux normes de préservation de la biodiversité.

Or, il se trouve que la semaine dernière la route Lannilis Brest a été traitée par l’engin PMS (Portier Multi Services) du département.

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La caractéristique de cet engin est que c’est une puissante épareuse dont l’action des lames rotatives consiste à broyer totalement tout ce qu’elle traite.

Cet engin est ainsi universellement considéré comme un destructeur impitoyable de la biodiversité, son usage ne devant être réservé qu’à des actions purement spécifiques. Ceci explique que seule une végétation très particulière peut survivre à son passage. Tel est le cas pour les fougères avec leurs rhizomes. Il en découle qu’il est unanimement reconnu que les bords de routes du Finistère connaissent, depuis ces dernières années, une "fougérisation" exponentielle. La biodiversité indigène devient ainsi une unidiversité. Quant à la flore et la faune (mulots, serpents, amphibiens, hérissons, oiseaux se nourrissant d’insectes ou ayant besoin de refuge, etc.), elle est totalement éradiquée.

Devant ce constat, dont les données sont en totale opposition avec les prescriptions de Natura 2000 et de l’Agenda 21 du Finistère, nous vous demandons :

  1. de décréter un moratoire concernant le programme de l’utilisation du PMS pour les campagnes d’automne 2011 et d’hiver 2012. En effet, selon nos informations 2x2000 kilomètres de versants de routes départementales doivent ainsi être traités pendant cette période, ceci conformément à une directive dont l’origine daterait de 1997. Ici, il y a lieu de noter avec force, qu’une opération de débroussaillage (cf. la troisième "opération" mentionnée dans la lettre du Conseil Général) telle que mentionnée dans la directive départementale n’a rien à voir avec une opération d’éradication totale du biotope par une épareuse.
  2. que vous acceptiez de nous accorder un entretien afin que vous nous précisiez quelle est réellement la politique du Conseil Général en matière d’entretien des bords de route, et aussi que nous sachions s’il est véritablement possible, compte tenu des efforts que nous avons développés depuis maintenant 6 ans sans obtenir de résultat, d’établir une coopération constructive avec vos services.

Monsieur le Président la photographie ci-dessous prise il y a 2 jours, illustre parfaitement, pour les deux versants de la route, l’absence de toute "raisonnabilité" et de "valorisation" de l’entretien des routes départementales. Dès lors, si aucune action politique n’est entreprise, tel va être le sort funeste que quelques milliers de kilomètres vont connaître à nouveau. JPEG - 126.2 ko C’est pourquoi nous espérons que, en pleine conscience des données du problème, vous nous accorderez le rendez-vous ci-dessus demandé.

Dans l’attente de votre réponse, nous vous prions de bien vouloir agréer l’assurance de notre considération distinguée.

Jean Yvon BIRRIEN

Coordinateur du Projet ERVABOR

1. (*)

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Projet ERVABOR

2. (**) "Toute chose égale par ailleurs" , comparer le Finistère à l’Afrique du Sud ou l’Ilinois ou à la Suisse ou au Québec etc. n’a, climatologiquement parlant, aucune signification. Mais, à l’inverse, les apports méthodologiques de traitement du problème qui y ont été développés, sont, eux très enrichissants.


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